
Le nouveau livre de
JL Etienne
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Octobre-Novembre
Des pistes enneigées du nord de l'Europe au pistes poussiéreuses du sud de l'Afrique nous découvrons
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ATLANTIKITE s'élancera des Canaries pour rejoindre la Guadeloupe
en mars 2010
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Au programme: du sable et de la solidarité
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portrait de l'alpiniste
Lionel Daudet
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Voyage au Groenland en compagnie de Janot Lamberton Glacionaute
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Par Bruno Corty et Daniel Duhand*
Les seuls rêves qui comptent sont les rêves éveillés. Tout part des rêves... et tout y revient. » PatriceFranceschi a le sens de la formule. Il ne laisse rien au hasard. Son discours est très structuré, fluide : « L’aventure est avant tout un état d’esprit, une manière de voir le monde, de construire sa vie en la rendant extrêmement dense et forte. C’est transformer le quotidien en romanesque. » L’exploit pour l’exploit, ce qu’il appelle la « gesticulation musculaire », ne l’intéresse pas. Ce qu’il veut avant tout et depuis toujours, c’est « épuiser le champ du possible », décliner l’aventure sous toutes ses formes : « Souffle épique, engagement intellectuel et physique, adéquation de l’aventure et de l’écriture, j’ai trouvé ces vertus chez des gens comme Melville, London, Carco, Cendrars, Kessel, Gary, Malraux, Saint-Exupéry, Albert Londres. Le résultat de cette adéquation c’est ce que j’appelle « l’homme complet » ». Reportages, films, récits d’aventures, essais, romans : « l’homme complet » Franceschi fera appel à tous ces moyens afin de « rendre l’aventure féconde »
Au cours des années 70 il sillonne l’Afrique et l’Amérique du Sud. En 1975 (il a vingt ans) il monte sa première grosse expédition, « Babinga Pongo » chez les Pygmées du Nord-Congo. L’année suivante, il part à la recherche des Indiens Macuje en Amazonie colombienne. En 1978, l’expédition « Néferkara » l’emmène sur le Nil, de la source à la mer à la rencontre des tribus nilotiques. En 1979, il découvre l’Asie au travers de deux drames : l’exode des réfugiés vietnamiens à bord de l’Ile-de-lumière et l’invasion soviétique en Afghanistan. La détresse du peuple afghan le pousse, dans un premier temps, à fonder l’association Solidarités Afghanistan et, plus tard, à rejoindre les troupes du commandant Massoud en compagnie d’autres volontaires français. Ces vingt dernières années, Patrice Franceschi a alterné missions humanitaires (Roumanie, Bosnie, Somalie, Soudan, Rwanda, Kurdistan, mer de Chine, Cambodge, etc.) et expéditions aventurières. Entre septembre 1984 et mars 1987, il réalise le premier tour du monde en ULM. En 1988, il accompagne Benoît Chamoux sur la face nord de l’Everest. En 1989 il est en Nouvelle-Guinée où il effectue un raid de 700 kilomètres, à pied et en canot, en pays papou. De retour à Paris, il co-dirige avec Laurent Laffont et Didier Régnier la collection « L’aventure continue » aux éditions Robert Laffont. En 1990, il est en Tasmanie à la recherche de son tigre mythique. De 1992 à 1994, il est coordinateur en Somalie de l’aide gouvernementale française. Puis devient consultant permanent auprès du cabinet du ministre délégué à l’Action humanitaire et aux Droits de l’homme. En 1994- 1995, il se rend en Nouvelle-Guinée, l’une des dernières « taches blanches » (rares zones encore inexplorées) du globe. Lors de l’une des quatre expéditions qu’il y mène, il découvre une population papoue inconnue. Il en tire un film, La Vallée perdue. En 1997-1998, il se rend clandestinement en Haute-Birmanie pour réaliser un film sur les Naga, chrétiens et anciens chasseurs de têtes en lutte contre le gouvernement militaire de Rangoon. En 1998, toujours, Franceschi lance son plus gros projet : « L’esprit de Bougainville ». Une campagne d’exploration des îles oubliées de l’Insulinde dans le sillage du célèbre navigateur. Pour ces deux années d’expédition, l’explorateur a besoin de 10 millions de francs. Somme qu’il trouve auprès de partenaires issus du monde de l’audiovisuel et de l’édition. « J’ai toujours refusé de m’associer à des sponsors pour conserver une totale liberté d’action. » Une liberté qu’il assume pleinement en s’endettant personnellement de près de trois millions de francs. C’est au Cambodge qu’il déniche une jonque chinoise, Song Saigon, qu’il arme et rebaptise la Boudeuse en mémoire de la frégate de Louis-Antoine de Bougainville. Dans la grande tradition des explorations du XVIIIe siècle, Franceschi embarque à son bord un savant mélange d’aventuriers et de scientifiques (ethnologues, géographes, naturalistes, botanistes, entomologistes, zoologistes...) ainsi que des écrivains de bord qui consignent toutes les étapes des missions effectuées. La vie sur la Boudeuse est la même pour tous : mécaniciens ou professeurs émérites, chacun assure son quart. Seul maître à bord, le capitaine Franceschi avoue « écouter tout le monde et décider seul ».
Une discipline quasi militaire indispensable à la bonne gestion des manœuvres. L'Odyssée de la Boudeuse se décline aujourd’hui en mots et en images : sept films et quatre volumes abondamment illustrés sont publiés ces jours-ci chez Lattès sous le titre L'Odyssée de la Boudeuse-Les aventuriers des îles oubliées. Le premier de ces ouvrages, Les 33 Sakuddeï de Wladimir de Gméline, est le récit passionnant d’une expédition ethnologique dans l’archipel de Mentawaï en Indonésie. L’équipe de Franceschi est partie à la rencontre des Sakuddeï, derniers représentants d’une tribu chamaniste, les fameux « hommes-fleurs » qui vivent en parfaite harmonie avec la forêt et ses occupants visibles ou invisibles. Dans les trois autres volumes,on trouve une expédition naturaliste sur la ligne imaginaire de partage de la flore et de la faune de l’Asie et de l’Océanie ; une exploration spéléologique d’un fleuve dans les entrailles de Bornéo ; l’installation de nouvelles stations d’observations volcanologiques et la plongée dans le lac cratère de l’île volcanique Mot Mot . Une série que Patrice Franceschi, contrairement à ses habitudes, se contente de « présenter » : « J’écrirai plus tard un livre qui évoquera l’intégralité de l’aventure de la Boudeuse. » Une somme dans laquelle on devrait y retrouver, entre autres, une mission abandonnée aux îles Andaman à la suite de l’arraisonnement du bateau par l’armée indienne avec fouilles, arrestations et interrogatoires ; l’attaque de la jonque à l’arme automatique par des pirates au large de Bornéo. Sans oublier le naufrage de la Boudeuse au large de Malte en mars dernier, dans lequel l’aventurier laissa une bonne partie de sa bibliothèque. Le vice-président de la Société des explorateurs français est déjà à la recherche d’un nouveau navire. Son but ? Lancer, et pour une durée de trois ans, une nouvelle campagne d’exploration baptisée « Le tour du monde de la Boudeuse ».
L’idée ? Revisiter les grands mythes de l’aventure : la piste de l’Eldorado, la recherche de l’Atlantide, les traces de Robinson Crusoé... Depuis trente ans, Patrice Franceschi n’en finit pas de courir après ses rêves. Ce côté feu follet laisse aux autres « une image brouillée » mais il s’en moque. Son secret ? « C’est l’insatisfaction qui me pousse à toujours avoir plusieurs projets en route. Si tu es satisfait de toi même, tu es perdu. »
Expédition Babinga – Pongo, 1975, Pygmées du Congo
Expédition Yacumo, 1976, Indiens Macuje d’Amazonie