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Generali Arctic Observer la nouvelle expédition de Jean-Louis Etienne

 

De l’Archipel du Spitzberg aux rives de l’Alaska en passant par le pôle Nord, ce sont 3500 kilomètres de périple d’un nouveau genre qui attendent Jean- Louis Étienne.

Le Spitzberg situé à la confluence de la mer du Groenland et de la mer de Barents est le dernier territoire norvégien avant l’Arctique. C’est sur ces îles isolées coincées par les glaces tout au long de l’hiver boréal, que l’explorateur installera son camp de base, attendant le feu vert de son routeur pour s’élancer au dessus de la banquise. Il faudra ensuite compter 1300 kilomètres en ligne droite pour atteindre le pôle Nord, puis à nouveau 2200 kilomètres jusqu’aux côtes de l’Alaska. Mais on imagine bien qu’un ballon qui devra composer avec les vents dominants aura une trajectoire qui tiendra plus du point de couture élaboré que de la rectitude d’un trait de plume. C’est en jouant sur les niveaux d’altitude de son ballon que le navigateur pourra espérer toucher les vents favorables qui lui permettront d’avancer peu ou prou dans la bonne direction. Les marges de manoeuvre de Jean-Louis Étienne resteront limitées. Pour des questions de poids et de simplicité du système, la nacelle ne sera pas pressurisée : ce qui signifie que les très hautes altitudes ne lui seront pas autorisées, même si, temporairement, il pourra utiliser une réserve d’oxygène d’appoint.

Reste que préparer une telle expédition ne s’improvise pas. Après des premiers essais durant l’automne 2009, le matériel sera envoyé par le dernier bateau au Spitzberg, avant la prise en glace de la mer. Le premier trimestre 2010 sera consacré à des vols d’entraînement en France. Fin mars, l’opération entrera dans sa phase active. Toute l’équipe rejoindra le Spitzberg assister Jean-Louis Étienne pour le gonflement du ballon le jour du décollage. Parallèlement le centre de contrôle du vol se mettra en place à Paris. Débuteront alors les analyses aérologiques de Luc Trullemans, le routeur de l’expédition. A partir de début avril, l’équipe n’attendra plus que le feu vert du routeur pour se lancer dans la grande aventure…


 

 

"La Traversée du pôle Nord en Ballon n’a encore jamais été réalisée. Ce sera le dernier acte de la trilogie de mes expéditions au pôle Nord en solitaire. Après avoir atteint le pôle en tirant mon traîneau pendant 63 jours en 1986, dérivé quatre mois sur la banquise à bord du Polar Observer en 2002, je prépare ce vol pour avril 2010. Deux mesures en continu seront effectuées : le CO2 atmosphérique pour le Laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement – CEA- CNRS, et le champ magnétique terrestre pour l’Institut de Physique du Globe de Paris et le CEA-LETI* de Grenoble. Le ballon est une rozière, un ballon mixte hélium air chaud, du même type que le Breitling Orbiter autour du monde de Bertrand Piccard et Brian Jones. La nacelle est spécialement construite pour cette traversée polaire. Par cette aventure audacieuse, digne des romans de Jules Verne, je souhaite attirer l’attention du monde sur la régression de la banquise et ses conséquences sur la vie des peuples autochtones, la biodiversité arctique et le chaos climatique à l’échelle planétaire qu’engendrerait sa disparition. La banquise est le meilleur indice de performance des mesures que l’humanité doit engager contre le réchauffement climatique", explique le docteur Etienne lors de la présentation de sa nouvelle expédition.

 

* Le LETI, l’un des principaux centres européens de recherches en électronique.
 
 

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DES OBJECTIFS ECOLOGIQUES AU-DELA DE L'EXPLOIT

 

La mesure du CO2 atmosphérique dans une zone vierge de toute émission

Pour la première fois, un observateur va pouvoir donner, transmettre des mesures instantanées de la teneur en gaz carbonique de l’atmosphère au-dessus de l’océan Glacial Arctique. Cette série de mesures va être aussi l’occasion de tester dans des conditions extrêmes des sondes miniaturisées : avec en corollaire, de multiples applications technologiques et scientifiques.


La mesure du champ magnétique terrestre, un pôle à la dérive.

On le sait moins, mais le champ magnétique terrestre évolue sans cesse. Le pôle Nord magnétique se déplace ainsi chaque année. Depuis quelques années, sa vitesse de déplacement s’est accrue considérablement pour passer de quelque 10 à 20 km/an à près de 60 à 80 km/an. Cet accroissement de vitesse de déplacement semble coïncider avec un affaiblissement du champ magnétique général. Sans que l’on en connaisse précisément les raisons, un échantillon précis de mesures permettra peut-être à la communauté scientifique de valider ou d’infirmer certaines hypothèses de travail.


Une démarche pédagogique ambitieuse

Mais la traversée du pôle Nord en ballon se veut aussi un témoignage de l’état de la banquise arctique. On n’oublie pas que Jean-Louis Étienne est un formidable raconteur d’histoires. Et celles de l’avenir de notre planète ont besoin d’être déclinées plutôt deux fois qu’une. En relation avec le monde enseignant, c’est tout un programme pédagogique qui est mis en place avec l’aide des nouveaux outils de communication que permet le haut débit.

 

LE BALLON

 

Traverser l’Arctique n’est pas une mince expédition. Pour ce faire, il fallait un ballon adapté aux objectifs de la traversée. Un aérostat de type rozière, s’est vite révélé comme le plus apte à répondre au défi posé. On les nomme ainsi en hommage à Pilâtre de Rozier, premier à en inventer le principe. Entre montgolfière et ballon à gaz classique, la rozière enferme une enveloppe d’un gaz plus léger que l’air (le plus souvent de l’hélium). Cette enveloppe est dilatée à l’aide d’un cône d’air chaud sous l’effet d’un petit brûleur. L’avantage de la rozière est qu’elle est très économe en énergie, puisqu’il s’agit juste de maintenir la dilatation optimale de la poche d’hélium pour se maintenir en altitude. En contrepartie, l’utilisation d’un tel aérostat demande de prendre un certain nombre de précautions.

 

Un ballon sur le modèle de ceux de Bertrand Piccard et de Steve Fossett

 

Au moment du décollage, le remplissage de la poche d’hélium est très délicat, puisqu’il ne faut en aucun cas endommager l’enveloppe lors de l’opération. Le mieux étant de procéder par un vent très faible à nul. C’est dire qu’il faudra un timing acéré entre le moment de décision de gonflage de l’enveloppe et la phase de décollage. L’atterrissage est certainement la phase la plus délicate ; il ne faut pas arriver au sol avec une trop forte vitesse sous peine de se blesser et d’endommager la nacelle. En théorie, un ballon de type rozière peut monter jusqu’à 11 000 mètres d’altitude. La seule limite viendra ici de l’absence de pressurisation : néanmoins, Jean-Louis Étienne a prévu une alimentation supplémentaire en oxygène pour des incursions de durée limitée dans la haute atmosphère.

Caractéristiques techniques :

Volume d’hélium : 2 200 m3 d’hélium.

Volume du cône d’air chaud : 500 m3 d’air chaud.

Hauteur du ballon : 28 mètres.

Diamètre : 16 mètres.

Alimentation : 360 kg de propane garantissant

une autonomie de vol de 15 à 20 jours.

L’enveloppe est réalisée en polyester et nylon.

 

 

 

 

 

 

Une nacelle pour vivre au pôle Nord

 

Concilier légèreté, confort et fiabilité, voilà l’incroyable dilemme auquel ont été soumis Jean-Louis Étienne et son équipe. Le suivi de la construction de la nacelle, confié à Gérard Guérin, fidèle équipier de la période Antarctica, a demandé des trésors d’ingéniosité et des heures de transpiration. La nacelle, conçue autour d’une armature en aluminium, agrège des panneaux en sandwich de fibre de verre et mousse polyuréthane de 5 cm d’épaisseur de manière à assurer la meilleure isolation thermique possible. Seul aménagement de vie à bord, une banquette servira à la fois de siège et de couchette face à une console intégrant les instruments de navigation et le dispositif de communication. Trois positions pour l’aéronaute : allongé, assis ou debout sans possibilité de marcher. Une préparation physique adaptée sera donc nécessaire. L’air de la nacelle n’est pas pressurisé. Une réserve d’oxygène d’appoint permet un vol à très haute altitude si nécessaire. Un chauffage au propane maintiendra une température de 15°C à l’intérieur. Un dôme en altuglas placé sur l’ouverture sommitale permet une surveillance de l’enveloppe et des brûleurs depuis l’intérieur.

 

 

 

 

 

Un impératif, la sécurité

Savoir préparer une aventure, c’est aussi être capable d’envisager les risques inhérents, de les anticiper. L’équipement de sécurité de la nacelle témoigne bien de cette obsession. Faire que, quoi qu’il advienne, les solutions alternatives aient été envisagées. Outre le matériel de navigation et de vie, la nacelle contiendra donc du matériel de protection contre l’incendie, un extincteur et une couverture ignifugée, mais aussi tout l’équipement de survie nécessaire en cas d’atterrissage forcé. Ainsi le paquetage de survie comprendra :

En cas d’incendie :

Un extincteur et une couverture ignifugée.

En cas d’un improbable amerrissage :

Un canot de sauvetage individuel

Une combinaison de survie étanche et isotherme

Des balises de détresse Sarsat

Un téléphone Iridium

 

 

 

 

En cas d’évacuation forcée à cause d’incendie immaîtrisable ou de problème sur le ballon :

Un parachute avec le paquetage de survie qui comprend :

Une tente

Un sac de couchage

Un réchaud MSR et combustible

De la nourriture lyophilisée

Une balise Sarsat

Un téléphone Iridium


 

CALENDRIER DE L'EXPEDITION 2009/2010

Octobre 2009

Vol d’essais de la nacelle de l’expédition sous ball on à air chaud et test de l’avionique

Novembre 2009

Départ du matériel pour le Spitzberg

Jusqu’à Février 2010

Vols d’entraînement sur ballon à air chaud et à hydrogène

Samedi 20 mars

Départ de Jean-Louis Étienne et l’équipe pour le Spitzberg et début d’analyse des conditions aérologiques

Fin mars

Installation du PC de l’expédition à Paris (Saint-Denis)

Début avril

Attente des conditions aérologiques favorable au départ de la rozière "Generali Arctic Observer"

 

Les nouveaux livres de et sur Jean-Louis Etienne

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