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MONTAGNE>L'Arrête des Cosmiques

En crampons l’arête des Cosmiques


Une belle course faite de roche, de glace et de neige, un parcours idéal pour apprendre la montagne.


« REGARDEZ LÀ-HAUT », lance Philippe Chillet, guide de haute montagne à la célèbre Compagnie des guides de Chamonix, en désignant l’aiguille du Midi qui se dresse à quelque 3 842 mètres d’altitude, « juste en dessous c’est l’arête des Cosmiques, c’est là que nous allons ! »

Un instant plus tard notre groupe, un guide et deux clients, est emporté par l’une des premières bennes du téléphérique en cette belle matinée d’été. A la sortie nous sommes immédiatement dans l’ambiance, le temps de nous équiper et de nous encorder et notre guide prend la tête de notre petite expédition. Nous devons redescendre jusqu’au plat du col du Midi sous la face sud de l’aiguille pour accéder au pied de l’arête. Le temps est ensoleillé, mais un peu frais. Le spectacle est magnifique, d’un côté Chamonix, au bas dans la vallée, de l’autre les Grandes-Jorasses et la dent du Géant avec l’Italie en fond. Philippe prend la tête de la cordée, suit Isabelle, sportive, la petite trentaine, cadre dans letextile et passionnée de montagne. Elle n’a qu’une petite expérience de la randonnée etavance doucement dans la neige. « Pour moi c’est une belle course de débutant, je suis là pour le plaisir », explique-t-elle en marchant avec précaution à cause des crampons sous ses chaussures. Trois quarts d’heure plus tard, nous passons l’abri Simond et nous faisons une petite halte le temps de reprendre quelques forces en grignotant une barre de céréales au chocolat. Avec l’altitude on s’essouffle rapidement et il fait presque chaud sous nos couches de Gore-Tex, mais on est bien au sec.

L’ascension débute véritablement maintenant. Nous évoluons tous ensemble sur un petit ressaut où Philippe nous assure pour plus de sécurité, puis, nous le suivons le long d’une arête rocheuse. Nous progressons dans le silence soucieux de suivre les pas du guide qui évolue avec aisance devant nous. En moins d’une demi-heure on s’élève d’une centaine de mètre dans une alternance de neige et de rochers. Nous voilà enfin sur un vrai sommet. « C’est un gendarme », précise l’homme de l’art, « nous allons descendre d’une vingtaine de mètres sur une corde en rappel ». Moment d’émotion pour les deux néophytes. Avec des gestes précis le guide nous fixe un descendeur sur notre baudrier, fait claquer le mousqueton et bloque la vis. Les pieds au bord du vide, souple sur les jambes, on se penche un peu en arrière. La corde bleu pétrole se tend, on balance un peu de droite à gauche et la paroi défile lentement. L’environnement est fabuleux, grisant même. La face nord, plonge de près de 1 200 mètres d’à-pic. J’évite de trop regarder le vide. Isabelle avouera plus tard : « J’étais surprise de descendre pour devoir monter. J’ai bien aimé être suspendue dans ce rappel, c’était très sympathique mais aussi très impressionnant ! »



Nous progressons dans le silence, soucieux de suivre les pas du guide


En bas, nous reprenons pied dans la neige, sourires complices, nous sommes fiers de nous. Et la poursuite de l’ascension continue. Devant ça bouchonne un peu, la course est plaisante et les cordées sont nombreuses en été. L’altitude s’élève encore. Un petit passage délicat sur la roche nous amène après un parcours sinueux au pied d’un grand gendarme. Arrêt ravitaillement. Nous posons les sacs et nous saucissonnons avec appétit. Ça fait deux heures et demie que nous grimpons et nous sommes aux deux tiers du parcours, un peu fatigués. Philippe donne, hélas, rapidement le signe du départ, il ne faut pas se refroidir, un peu plus loin nous sommes confrontés à un beau petit mur vertical, de protogine de couleur fauve, qu’il faut franchir. Séance escalade ! Avec les crampons sur la roche, ça glisse. Isabelle, mal à l’aise, n’a pas bien vu par où est passé le guide crie : « Par où ? Alors, je passe par où ? Il n’y a pas de prise ! » Et elle glisse le long du rocher redescendant le petit mètre durement conquis. « Aidetoi des sangles », l’encourage Philippe. Le passage est athlétique. Les deux dernières longueurs se font dans une cheminée assez large, souvent verglacée et froide. Enfin, après quatre heures de course et six mètres d’échelle métallique, nous arrivons sur une terrasse sous les yeux des touristes montés en téléphérique et les flashs des Japonais. Heureux d’avoir réussi notre première ascension, pour un peu on se prendrait pour des alpinistes. « On a envie d’attaquer immédiatement les montagnes suivantes dans toute la vallée Blanche », conclut Isabelle en regardant le paysage.

 



Préparez votre course


La Compagnie des guides de Chamonix (1) offre des prestations sur tout le massif du Mont-Blanc à la journée ou à la course. Il faut compter une demi-journée pour faire l’Arête des Cosmiques avec un guide pour deux (200 €) été comme hiver. Prévoir 33€ par personne pour l’aller-retour en téléphérique. En montagne, le matériel est synonyme de sécurité. Notre choix s’est porté sur un harnais Tetrax de chez Petzl, confortable, ainsi qu’un casque Météor extrêmement léger. Le piolet Snowalker et les crampons S12 fabriqués par Charlet Moser ont répondu à notre attente. Côté protection, nous avons trouvé chez Millet un pantalon et une veste intempérie Annapurna en Gore-Tex, idéals contre le froid, des chaussures Alpinist Expert LTK et une sous-couche Winstopper w3 Strech. Pour une course occasionnelle, vous pouvez louer sur place la totalité du matériel.

(1) Tél. : 04.50.53.00.88.

www.






 

 

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